samedi 19 novembre 2016

Emission radio sur Nancy Storace : « A World of Song » (RTÉ lyric fm)



A World of Song, program by Liz Nolan
 

Le 13 novembre 2016, Liz Nolan a consacré son émission, A World of Song, à la vie de Nancy Storace, sur RTÉ lyric fm (en langue anglaise).

A World of Song nous convie à une agréable promenade à travers certains rôles emblématiques de la cantatrice ;  évocation illustrée par différents airs dans lesquels Cecilia Bartoli se taille la part du lion.

Liz Nolan insiste principalement sur le parcours italien et viennois de Nancy Storace,  énonçant certaines généralités qui ne sont pas toujours très exactes, mais qui ont encore la vie dure. 

L’heure passée en sa compagnie n’en est pas moins fort plaisante. On y entend, par exemple,la reconstitution de la fameuse « Bomba » du castrat Luigi Marchesi (interprétée par Ann Hallenberg), des extraits de La Grotta di Trofonio et La Scuola de’Gelosi de Salieri (chantés par Cecilia Bartoli) ainsi que divers extraits mozartiens, dont font évidemment partie Le Nozze di Figaro et Ch’io mi scordi di te.

Si Liz Nolan n’a pas oublié de citer de larges passages des Reminiscences du ténor Michael Kelly, ami des Storace, la journaliste se cantonne un peu trop à une analyse des Nozze di Figaro… Dommage, mais en une heure entrecoupée de très larges extraits musicaux, il était sans doute difficile de faire davantage…

Une jolie initiation aux rôles d'une des cantatrices les plus fêtées de la fin du XVIIIe siècle.


Pour écouter l’émission en replay :


Puis sur le bouton « Listen », ce qui ouvre le player dans une nouvelle fenêtre.

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dimanche 6 novembre 2016

Nancy Storace et Jane Austen : réunies grâce à de « Beaux yeux ».


Si ces deux contemporaines ne se sont probablement jamais rencontrées, elles ont plus en commun qu’on pourrait le penser, au-delà de leur année commune de décès. Une partition faisant partie des acquisitions de la famille Austen les réunit malgré tout.

Jane Austen, musicienne amateur


Contrairement à Jane Fairfax (Emma), et tout comme son héroïne Elizabeth (Orgueil & Préjugés), la romancière Jane Austen (1775-1817) n’était pas réellement une musicienne accomplie. Si elle aimait danser, et s’intéressait de près au théâtre, elle n’était pas vraiment passionnée par l’opéra… On sait qu’en 1788, Jane prit des leçons de musique de George Chard, un organiste assistant de la cathédrale de Winchester, et plus tard, elle consacrera une heure quotidienne, avant le petit-déjeuner, à jouer du piano.


Certes, elle avait suffisamment d’habilité pour accompagner les danses de ses neveux et nièces sur son petit pianoforte, mais pour elle, la pratique du piano était principalement reliée à la danse.

Jane Austen portrait par Cassandra Austen

Seul portrait authentique de Jane Austen
par sa sœur Cassandra
 
Comme beaucoup de particuliers, la famille Austen conservait des recueils de partitions : pièces instrumentales et vocales, achetées en partition, ou recopiées d’après des emprunts.

Dans le fonds musical qui nous est parvenu, on peut voir que Jane Austen recopia diverses pièces de musique qui l’intéressaient particulièrement ; un volume renferme des pièces pour clavier, l’autre des airs divers, anglais, italiens et français. Parmi ces sélections, on retrouve plusieurs airs du compositeur Stephen Storace, le frère de Nancy : un extrait de The Siege of Belgrade (« Of plighted faith ») ainsi que Captivity, un air supposément chanté par Marie-Antoinette durant son emprisonnement.

Si certains chercheurs ont avancé qu’elle semblait s’ennuyer au concert, Jane n’en apprécia pas moins un concert privé londonien donné en 1814 chez son frère Henry Austen, où l’on chanta des glees.

On peut raisonnablement penser que Jane n’entendit jamais Nancy Storace en concert, durant son séjour à Bath, entre 1800 et 1806 ; d’autant plus que le prix du billet d’entrée aurait été trop important pour ses ressources.

Cela ne veut pas dire qu’elle ne connaissait pas la cantatrice, au moins de réputation.

Elle a sans doute lu des annonces publicisant les concerts organisés par l’ancien professeur de chant de Nancy, le castrat Venanzio Rauzzini. Nancy Storace et son amant, le ténor John Braham, lui aussi un ancien protégé de Rauzzini, vinrent se produire à Bath en concert en 1802, 1803, 1804, 1805 et 1806. Nancy Storace fut également engagée au Théâtre de Bath à l’automne 1802. Ces visites étaient toujours un évènement dans les cercles intéressés par la musique et pour les mondains.

Il est impossible que l’écrivain n’en ait pas entendu parler, ou du moins, des opéras dans lesquels Nancy Storace s’illustra : on retrouve certaines allusions à l’œuvre de Stephen Storace dans Mansfield Park (publié en 1813), et d’autres à John Braham…

La Cameriera Astuta (1788)


C’est le seul opéra italien composé par Stephen Storace en Angleterre. Créé au King’s Theatre, le 4 mars 1788, il reçoit un accueil assez négatif de la part du public et ne totalise que 7 représentations durant la saison. Il ne sera jamais repris.

C’est sans doute cet échec qui pousse Stephen Storace à quitter l’Opéra italien pour le théâtre de Drury Lane.

La partition complète de La Cameriera Astuta est perdue. Il n’en reste que les extraits publiés en réduction. Parmi ceux-ci, on trouve l’air de Violetta (Nancy Storace), qui fut bissé lors de la première.

La soubrette de Leonora, laquelle tente d’échapper à un mariage arrangé avec Don Pancrazio Garofano, enseigne à ce dernier comment faire la cour selon les règles en chantant un air français.

La cameriera astuta libretto english

Extrait du livret (traduction anglaise) :
La Cameriera Astuta, A New Comic Opera,
in Two Acts. As performed at the King’s Theatre in the Hay-Market.
Londres, 1788.

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jeudi 3 novembre 2016

"une paire d’ailes aurait été très acceptable" : lettre de Nancy Storace (1816)


En 1816, au retour d’un séjour à Brighton, où elle a probablement été accompagnée de sa mère Elizabeth Storace, Nancy Storace répond à l’un de ses amis, le librettiste et homme de théâtre Thomas Dibdin :


Herne Hill Cottage, 30 octobre 1816

Cher Dibdin,

Je viens de lire votre faveur et vous congratule tous les deux pour la naissance d’un fils et héritier, pour lequel j’espère que vous aurez plus de chance qu’avec les autres. Je suis très heureuse de savoir que Mrs. D va si bien – transmettez-lui mon affection. Nous sommes arrivés de Brighton la nuit dernière – nous étions partis le matin – nous avons mis 12 heures avec nos propres chevaux. Ne trouve-vous pas que c’est fantastique ? Nous vous aurions assurément rendu visite, mais j’ai pensé que Mrs D devait être, soit au lit, soit près d’accoucher, et nous avons jugé que nous vous embarrasserions et que vous n’auriez pas de place pour nous – et ne faire que passer aurait été bien trop pour les chevaux en plus du trajet depuis Brighton – ou soyez sûr que nous ne serions jamais passé près de Betchforth sans rendre visite à nos amis. Durant le séjour de Mrs. Carey à Brighton nous nous attendions quotidiennement à vous voir – et alors nous aurions appris (de vous-même) si on pouvait arranger une visite durant notre voyage de retour.

Nous serons chez nous durant tout le mois de Novembre, et espérons vous voir. Nos lits sont toujours aérés aussi vous ne pouvez jamais arriver mal-à-propos.

Je suis navrée de ne pas avoir vu vos amis hier, mais évidemment, cela doit bien être nous qu’ils ont vus. Je suis surprise de ne pas avoir reconnu Mrs Charles Dibdin. Nous avons tâché de chercher votre cottage, et j’étais certaine de l’avoir vu. Je vous assure que nous étions désolés de rester 2 heures et demie à Reigate – si près – et de ne pas pouvoir vous voir. A ce moment-là, une paire d’ailes aurait été très acceptable.

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